Allaitement : savoir déjouer les problèmes

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Allaitement : savoir déjouer les problèmes

L’allaitement aujourd’hui très courant, ne se fait pas toujours sans encombre. Les problèmes d’engorgements, de crevasses du mamelon… sont fréquents. Ils sont heureusement vite résolus, à condition de les détecter tôt et de savoir les prendre en charge rapidement.

 

Inutile de s’appesantir sur les bénéfices de l’allaitement. Ils sont réels, bien connus et nombreux pour la femme (comme une baisse du risque du cancer du sein des années plus tard) et surtout pour le bébé (apport des nutriments essentiels, optimisation de ses défenses immunitaires, prévention des risques d’allergie, de surpoids, etc.).

Si aujourd’hui, en France, l’allaitement est choisi par beaucoup de mères (2/3 des nouveau-nés), avec le temps certains problèmes risquent de survenir : douleurs, crevasses, engorgement, mastite… Il est bien rare que la mère ne soit pas confrontée à un moment ou un autre, à ce type de problème. Mais pas de panique, la plupart du temps, ils restent bénins surtout en appliquant rapidement des mesures simples à connaître.

 

  • Les douleurs et crevasses sur le mamelon : elles sont généralement liées à une mauvaise position du nouveau-né, une malposition de sa langue durant l’allaitement. En cas de douleurs locales ou d’irritation du mamelon, n’attendez pas pour agir et revoir la position de bébé (éviter qu’il n’appuie trop sur le sein, qu’il ait la tête tournée… et qu’il n’irrite le mamelon). Après la tétée, vous pouvez aussi hydrater le mamelon avec une goutte de lait (riche en anticorps). Des coussinets d’allaitement ou des coquilles peuvent éviter le frottement du mamelon sur le bonnet du soutien-gorge et absorber les éventuels petits écoulements de lait entre chaque tétée. Quand une crevasse est constituée, l’usage d’un embout en silicone pour la tétée (encore faut-il que le bébé l’accepte !) jusqu’à la cicatrisation peut être recommandée. Ou encore l’utilisation d’un soin cicatrisant protect mamelon (à base de lalanoline, par exemple) après chaque tétée. Enfin si la gêne est trop importante, vous pouvez être amenée à stopper la mise au sein et à tirer votre lait.

 

  • En cas d’engorgement, le sein est plus ferme et parfois un peu douloureux et chaud. Il arrive que la tension du sein gène le bébé à téter correctement. La solution est de désengorger le sein en proposant plus souvent au nourrisson de le téter, et le plus longtemps possible pour qu’il se vide suffisamment. Il peut être nécessaire de le désengorger vous-même en massant doucement le sein sous un robinet en faisant couler de l’eau tiède. Ou bien encore utiliser un tire-lait.

 

  • En cas de mastite inflammatoire, en plus d’être engorgé, le sein présente une ou plusieurs zones rouges et est douloureux, accompagné de fièvre. La mastite survient le plus souvent le premier mois après l’accouchement. Le traitement est le même que celui d’un engorgement. L’application de froid est souvent bénéfique, la prise de paracétamol vous soulagera et est compatible avec l’allaitement. Il est cependant recommandé de prendre l’avis d’un médecin, puéricultrice ou sage-femme, pour identifier si le problème ne serait pas une mastite infectieuse nécessitant alors une prise en charge spécifique.

 

Pendant les cours de préparation à l’accouchement de nombreuses informations sont données pour l’allaitement. Mais c’est en situation, une fois que le bébé est là, que la mère vie les choses de façon concrète et que des questions arrivent. En cas de problème, il ne faut pas hésiter à interroger ou consulter un professionnel de santé. Dans la grande majorité des cas, le problème est mineur, mais il arrive qu’une affection, comme une candidose mammaire par exemple, nécessite un examen clinique attentif et une prise en charge particulière.

 

Dr Nicolas Evrard

 

Guide antitoxique de la grossesse 

Sources :

1 – 10 faits sur l’allaitement maternel. OMS, août 2017.

2 – Le Grand livre de ma grossesse, Collège national des gynécologues-obstétriciens français, Eyrolles, 2021-2022.

3 – Gestion des complications de l’allaitement. Lettre du gynécologue, n° 399, 2015.

 

 

 

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