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Pourquoi craindre les perturbateurs endocriniens durant la grossesse ?

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Pourquoi craindre les perturbateurs endocriniens durant la grossesse ?

Perturbateurs endocriniens et grossesse ne font pas bon ménage. Même si pour beaucoup de ces substances les études manquent pour établir des conclusions définitives, les gynécologues obstétriciens recommandent aux femmes enceintes et qui allaitent de s’en protéger.

 

Comme leur nom l’indique, les perturbateurs endocriniens sont des substances qui interagissent – et pas qu’en bien, sur le système hormonal de l’organisme. Les hormones sont la thyroxine, le cortisol, l’insuline, l’adrénaline, l’aldostérone… et en plus chez les femmes les œstrogènes et la progestérone. Elles sont très nombreuses et ont des effets essentiels sur la croissance, le métabolisme et la digestion, les fonctions sexuelles, le stress, etc. Toutes leurs actions sont spécifiques et certaines variations même minimes peuvent avoir d’importantes conséquences.

Le danger des perturbateurs endocriniens est pris en compte au plus haut niveau de l’État, puisqu’en 2014, le gouvernement a adopté la Première stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens rassemblant différentes actions, dont l’information des citoyens. La deuxième stratégie a débuté en septembre.

 

Vulnérabilité fœto-embryonnaire

Les sources de contact avec ces substances sont multiples, par inhalation, ingestion, ou encore en traversant la peau. Les perturbateurs endocriniens sont très nombreux dans notre environnement quotidien, et sont pour la plupart des substances artificielles (pesticides, plastiques, détergents, médicaments…). Le problème est qu’aujourd’hui nous ne les avons pas tous identifiés. Et leurs effets n’ont pas été toujours clairement démontrés. Pour beaucoup de ces substances, il est difficile d’établir un effet seuil, cela signifie qu’en clair, même à dose infime, elles pourraient déjà agir. Par ailleurs, l’analyse est d’autant plus complexe qu’un effet cocktail peut survenir : plusieurs composés agissent sur des mécanismes biologiques similaires.

La sensibilité aux perturbateurs endocriniens est plus importante à des stades particuliers de la vie. « C’est notamment le cas de la période du développement fœto-embryonnaire, de la petite enfance, qui présentent une sensibilité accrue à ces substances », soulignait en 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). 

Parmi les substances chimiques les plus étudiées et identifiées comme perturbant le système endocrinien : le bisphénol A (BPA). Il « mime » l’action des œstrogènes dans l’organisme et va ainsi déréguler le système hormonal. En 2010, la France a interdit les biberons en plastique contenant du bisphénol A, l’Union Européenne a adopté cette même disposition un an plus tard.

Aujourd’hui les substances chimiques suspectées de perturber le système endocrinien sont très nombreuses : dioxines, parabènes, phtalates, composés organochlorés… se retrouvant dans de très nombreux produits. Au final, des arguments scientifiques forts se multiplient montrant que beaucoup d’entre eux sont liés à la survenue de certaines pathologies.

 

Savoir se protéger

Le bisphénol A, par exemple, est considéré à risque pour la reproduction, provoquant une baisse sur la fertilité, il pourrait aussi affecter le système immunitaire, favoriser l’obésité. Il a même également un impact sur la santé des dents.

Les perturbateurs endocriniens pourraient également avoir des conséquences sur le développement neurologique. Ils sont aussi suspectés de favoriser certains cancers hormonaux dépendants. De nombreux travaux sont actuellement conduits à travers le monde pour en savoir plus sur l’impact de l’environnement sur la grossesse et le fœtus, et en particulier celui des perturbateurs endocriniens.

Toutes ces données confortent l’importance d’une protection chez la femme enceinte, lors du développement du futur bébé. D’ailleurs aujourd’hui, différentes agences nationales sanitaires et les professionnels de santé et en particulier les gynécologues obstétriciens recommandent aux femmes enceintes et allaitantes de prendre des précautions vis-à-vis de ces substances. Aussi, est-il conseillé de privilégier une alimentation saine en évitant les plats industriels préparés. D’éviter l’usage de produits cosmétiques risquant de contenir des perturbateurs endocriniens. En clair, de s’intéresser un peu à ce que l’on mange, à ce que l’on respire ou à ce que l’on applique sur la peau.

 

Dr Nicolas Evrard

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Sources :

  • Les perturbateurs endocriniens, Anses, Travaux et implications de l’Agence sur les perturbateurs endocriniens, 08/07/2019.
  • Bisphénol A, effets sur la reproduction, rapport préliminaire. INSERM 2010.
  • Bisphénol A, ANSES, 10/04/2018.
  • Perturbateurs endocriniens, INRS, Santé et sécurité au travail, mis à jour le 12/07/2018.

 

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  • Dr Nicolas Evrard
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