Quand la grossesse tarde : la faute à quoi ?

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Quand la grossesse tarde : la faute à quoi ?

Malgré vos nombreux essais pour avoir un bébé, la grossesse tarde et vous commencez à vous poser des questions sur votre capacité à être enceinte. Les origines d’un problème de fertilité sont nombreuses. Parmi les accusés figurent les perturbateurs endocriniens, mais ils ne sont les seuls à être en cause.

 

Après avoir essayé pendant un an à avoir un enfant, environ 20 % des couples restent en attente de grossesse. Après deux ans, ce chiffre est d’environ 10 %.

Les problèmes de fertilité sont donc courants, et le sont d’ailleurs de plus en plus. A cela plusieurs raisons qui sont liés à notre mode de vie et notre environnement. La première est corrélée à l’âge de la mère. L’âge moyen de la première grossesse qui est de plus en plus tardif (proche de 30 ans aujourd’hui en France) ne favorise pas la fécondation. Passé la trentaine la fertilité tend à baisser, et de façon encore plus nette au-delà de 35 ans.

 

Perturbateurs endocriniens, un danger pour la fertilité

Mais ces problèmes de fertilité ont d’autres origines, en particulier environnementales. Parmi celles-ci, les perturbateurs endocriniens sont de plus en plus mis en cause à en croire de nombreuses études. On sait que ces substances d’origine naturelle, mais surtout artificielle (synthétique) qui peuvent interagir avec les hormones, seraient impliquées dans de nombreuses affections et divers dysfonctionnements, et en particulier certaines anomalies touchant les organes génitaux des deux sexes. Chez l’homme, les perturbateurs endocriniens environnementaux sont liés à certaines malformations ou problèmes congénitaux (comme un hypospadias*, une cryptorchidie**), mais aussi dans la reproduction avec une diminution de la qualité du sperme. Les perturbateurs endocriniens seraient aussi impliqués chez la femme dans différentes affections touchant les organes génitaux ou problèmes survenant à la grossesse, comme l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques, l’insuffisance ovarienne précoce, les avortements à répétition.

Ainsi, chez la femme, la présence de phtalates dans les urines serait corrélée à une baisse de la réserve ovarienne. Chez l’homme, le bisphénol A – autre perturbateur endocrinien, serait corrélé à une diminution de la concentration, et de la vitalité spermatique. Actuellement de nombreuses recherches se concentrent sur les effets des perturbateurs endocriniens côté masculin. L’inquiétude vient de la baisse de la qualité du sperme observée chez la plupart des hommes occidentaux.

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Quand s’inquiéter ?

Quand faut-il s’inquiéter ? A partir de quand faut-il consulter ? En principe 80 % des grossesses débutent dans les six mois après le désir d’enfant. En règle générale, si la grossesse ne vient pas, on considère qu’il faut consulter après un an de rapports sexuels réguliers. Allez d’abord chez votre généraliste ou gynécologue habituel. Ce médecin vous adressera vers une consultation spécialisée pour entreprendre les examens nécessaires afin d’identifier les raisons exactes des problèmes de fertilité concernant le couple. Parlez-en à votre compagnon. Car en vous engageant dans ces démarches, il n’échappera à quelques examens.

Ces explorations réalisées chez l’homme et la femme permettent assez souvent de trouver l’origine du problème. En moyenne, dans 40 à 45 % des cas, la cause est féminine ; dans près de 40 % des cas, elle est masculine. Et dans 20 % des cas : les deux sexes ou non expliquée.

 

Que faire avec les perturbateurs endocriniens ?

Une chose est sûre, ce n’est pas en écartant dès maintenant de votre environnement (alimentation, produits cosmétiques…) les perturbateurs endocriniens que vous pourrez améliorer les chances d’être enceinte. D’abord, ces substances ne sont peut-être pas en cause. Et par ailleurs, si des perturbateurs endocriniens ont eu un effet, ce n’est pas en corrigeant les choses maintenant que le problème s’arrangera du jour au lendemain.

 

En revanche puisque vous désirez être enceinte, et donc pour la santé du futur bébé, il est fortement recommandé de vous protéger des perturbateurs endocriniens. D’ailleurs, en consultant des médecins dans un centre spécialisé dans l’Assistance médicale à la procréation (AMP), en plus des examens nécessaires, des informations vous seront délivrées pour la santé du bébé à venir : avec des conseils d’hygiène de vie, alimentaires… et environnementaux. Parmi ceux-ci, des recommandations vous seront données pour vous protéger des perturbateurs endocriniens. Cette information vis-à-vis de certains facteurs environnementaux peut varier d’un centre d’AMP à l’autre, certains médecins étant plus ou moins sensibilisés à ces sujets.

En France, en 2015, plus de 3 % des enfants sont nés grâce à une Assistance médicale à la procréation (AMP), c’est-à-dire une naissance sur 32.

 

Dr Nicolas Evrard

 

*Hypospadias : malformation au niveau de la verge avec un abouchement anormal de l’urètre.

** Cryptorchidie : absence d’un ou des testicule(s) dans le scrotum (bourses). Cela est dû à un défaut de sa (ou leur) migration de l’abdomen.

Sources :

  • Carlsen E. et coll. Evidence for decreasing quality of semen during pas 50 years. British Medical Journal, 1992.
  • Perturbateurs endocriniens, ANSES, 03/09/2019.
  • Assistance médicale à la procréation, Inserm, 2019.
  • Li D-K, et coll. Urine bisphenol-A (BPA) level in relation to semen quality. Fertil Steril, 02/2011.

 

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  • Dr Nicolas Evrard
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