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15 août 2020
Conseils grossesses

Violences obstétricales : où en est-on ?

Violences obstétricales : où en est-on ?

Depuis quelques années, les violences obstétricales ont fait l’objet de nombreux témoignages de femmes enceintes ou qui accouchent. Si les premiers temps, les soignants étaient dans le déni, ils ont pris récemment des initiatives pour les contrer et mieux répondre aux attentes des femmes.

Il peut être difficile de parler, d’échanger sur les violences obstétricales et gynécologiques avec un médecin gynécologue. Beaucoup de soignants réfutent ce terme, et pourtant c’est bien de cela dont parlent certaines femmes depuis quelques années, en particulier sur les réseaux sociaux. Leurs voix ont été nombreuses et ont porté. C’est surtout à partir de 2018 que cette question a été abordée et débattue dans les médias jusqu’au sein de certaines instances, comme l’Académie nationale de médecine ou le Conseil de l’Europe un an plus tard.

Violence obstétricales : de quoi s’agit-il au juste ?

Elles correspondent à des pratiques violentes ou pouvant être perçues comme telles par les femmes. Il s’agit d’actes « non appropriés ou non consentis, tels que des épisiotomies et des touchers vaginaux pratiqués sans consentement, (…) la non-utilisation de l’anesthésie pour des interventions douloureuses. Des comportements sexistes ont aussi été recensés lors de consultations médicales », détaille un rapport récent de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. De façon concrète, c’est  :

  • une épisiotomie effectuée sans réelle nécessité ou réalisée sans explication,
  • un accouchement pratiqué sans péridurale alors que la future mère l’avait demandée,
  • une parole brutale ou malheureuse,
  • un comportement inadapté,
  • un défaut de respect de la part d’une sage-femme, d’un infirmier ou d’un gynécologue ; « On m’a reproché de ne pas savoir pousser et on m’a appuyé fortement sur le ventre pour extraire mon bébé, me menaçant d’avoir une césarienne » ou encore « J’ai reçu une claque pour m’inciter à me détendre » témoignent de jeunes mamans.

Le problème est complexe et demanderait beaucoup de lignes pour l’analyser. D’un côté, la femme enceinte vit un moment unique avec cette finalité de donner la vie à un être, à son bébé ! Elle et son entourage sont souvent plus ou moins stressés, avec des attentes spécifiques pour un événement qui se prépare depuis plusieurs mois et va marquer une étape essentielle de la vie du couple.

D’un autre côté, il y a l’équipe médicale qui dans l’immense majorité des cas fait le maximum pour que tout se passe au mieux. Ces soignants sont habitués aux pratiques obstétricales qui doivent parfois se décider et être réalisées en urgence. Ils vivent leur quotidien professionnel avec des épisodes de surcharge de travail, des moments de stress. A noter aussi qu’une culture patriarcale qui tend à persister encore aujourd’hui dans le milieu médical, peut conduire à des attitudes répréhensibles. A ce tableau, il faut aussi tenir des personnalités de chacun et chacune, avec parfois des maladresses et des comportements inadaptés. Au final, la relation entre la femme qui accouche et le soignant ne se déroule pas comme on pouvait l’escompter et un problème survient.

>> A LIRE : Bien préparer sa valise de maternité

Le Projet de naissance : une étape à ne pas négliger

Après avoir longtemps ignoré ou minimisé le sujet, les professionnels de santé et les professionnels de la naissance s’en sont emparés. Les solutions mises en place commencent par une prise de conscience et une sensibilisation au problème. En 2018, l’Académie nationale de médecine a insisté sur « la formation initiale et continue des soignants à l’information et au respect de l’autonomie des femmes enceintes ». Pour cette instance, l’entretien prénatal précoce au quatrième mois est essentiel tout comme, l’élaboration d’un Projet de naissance.

Ce dernier est une sorte de « contrat moral » passé entre le couple, la femme qui va accoucher et les soignants. La femme détaille de quelle façon elle souhaite que se déroulent son suivi de grossesse et surtout son accouchement en accord avec les nécessités médicales. Cet échange permet de mieux prévoir les choses, d’anticiper l’accouchement et de discuter des différentes options en fonction de la future maman et du bébé (caractéristiques physiologiques, état de santé, etc.).

En 2019, le Collège national des gynécologues obstétriciens a de son côté pris des initiatives pour permettre d’améliorer la bientraitance et la bienveillance (ce sont leurs termes) envers les femmes enceintes. Parmi ces initiatives : la mise en place pour les maternités du label « Maternys ». Il atteste de l’engagement de cette maternité à répondre au mieux à la qualité des soins, la sécurité et la bientraitance des femmes et des couples. Les critères pour l’obtention de ce label sont nombreux comme la publication du nombre de césariennes, d’épisiotomies par an. Les femmes sont sécurisées et informées « grâce à une approche douce, sensible et exhaustive des sujets traités », assure le site de ce label.

Dr Nicolas Evrard

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Sources :

1 – Violences obstétricales et gynécologiques. Rapport de la Commission sur l’égalité et la non-discrimination. Rapporteure : Mme Maryvonne Blondin. Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. 16 septembre 2019.

2 – René-Charles Rudigoz et coll., De la bientraitance en obstétrique. La réalité de fonctionnement des maternités. Académie nationale de médecine. Rapport 18-09. Septembre 2018.

3 – Site Maternys.

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