Fausse-couches : quels sont les risques ?

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Fausse-couches : quels sont les risques ?

En début de grossesse, beaucoup de femmes s’interrogent ou s’inquiètent sur la suite puisque durant les premières semaines, il existe un risque de fausse couche et donc de perdre le bébé. Sans vouloir minimiser ce risque, sachez cependant que dans la grande majorité des cas, la grossesse se déroule normalement.

 

Après le diagnostic de grossesse établi, les femmes vivent les premières semaines de façon assez contrastée. Après le bonheur de se savoir enceinte (pour les grossesses désirées), les premières semaines peuvent être plus ou moins gâchées par des symptômes physiques dont vous vous passeriez bien et qui sont liées aux fortes augmentations des hormones : nausées, vomissements, coups de fatigue, tension mammaire, etc. A côté de ces manifestations physiques, des aspects psychologiques peuvent perturber ces premières semaines. Comme la crainte d’une fausse couche et de perdre le bébé.

 

4 fois sur 5, tout se passe bien

La fausse couche est forcément dans l’esprit de toute femme enceinte. Elle est en effet relativement fréquente, puisque concerne environ 20 % des grossesses. Ce qui signifie aussi – il faut rester positif ! - que quatre fois sur cinq, tout se déroule sans problème. La fausse couche spontanée se manifeste majoritairement avant la 12ème semaine d’aménorrhée (10ème semaine de grossesse).

 

Quelle en est la cause d'une fausse couche ?

Dans la majorité des cas, une fausse couche correspond à un phénomène naturel, à l’élimination d’un œuf (suite à la fécondation d’un spermatozoïde et d’un ovule) qui n’est pas viable. C’est une réalité difficile à accepter, mais si les choses se sont mal passées lors de la fécondation, naturellement la grossesse s’interrompt. Une anomalie génétique ou chromosomique est généralement en cause. Autre éventualité : un « œuf clair ». C’est un œuf sans embryon qui comporte une enveloppe mais sans rien à l’intérieur. Dans ce cas, la grossesse est impossible. Cet œuf clair peut alors se résorber spontanément ou être éliminé par une fausse couche.

 

Généralement, on ne cherche pas à connaître la cause d’une fausse couche, sauf si bien sûr le problème se répète plusieurs fois. Certains facteurs tendent à augmenter le risque :

  • un âge maternel au-dessus de 40 ans,
  • la présence d’un fibrome utérin (myome),
  • une anomalie chromosomique ou génétique chez un des parents,
  • une maladie spécifique comme un trouble de la coagulation,
  • une infection ou une maladie immunitaire chez la femme.

D’après certains travaux, des facteurs environnementaux, comme une exposition à des perturbateurs endocriniens serait impliquée dans la survenue de fausses couches. On trouve des phtalates dans des produits cosmétiques, des solvants, des revêtements, etc.

>> A LIRE : Fausse couche, un évènement à ne pas banaliser

 

Vérification grâce à une échographie

Les symptômes classiques d’une fausse couche sont des saignements soudains. Ils peuvent être abondants, surtout en cas d’évacuation incomplète du sac gestationnel. Ils risquent même de provoquer un malaise, voire une perte de connaissance. Ces saignements s’accompagnent parfois de douleurs, à type de crampes. Des symptômes assez similaires peuvent aussi survenir en cas de grossesse extra-utérine qui nécessite d’urgence l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme.

 

En cas de saignement, il faut donc prendre un avis médical. Si une fausse couche est suspectée, une échographie par voie endo-vaginale est effectuée. Elle permet de visualiser l’intérieur de l’utérus, de rechercher la présence de l’embryon, l’enveloppe de l’œuf, de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra-utérine… et de vérifier si la fausse couche a été complète ou pas.

Si celle-ci est incomplète, le gynécologue peut proposer d’effectuer une aspiration endo-utérine. D’autres fois, une expulsion complète de l’œuf peut se faire plus tard de façon spontanée, ce qui exige tout de même une surveillance auprès du gynécologue. Par la suite, si cet accident de fausse-couche est mal vécue (ce qui peut parfaitement se comprendre !), le médecin peut vous proposer d’être aidée et soutenue par un psychologue.

>> Box grossesse sans perturbateurs endocriniens

 

Un saignement ne veut pas dire forcément fausse couche

Attention cependant, tout saignement n’est pas le symptôme d’une fausse couche. Par exemple, durant le premier mois, il arrive que 8-10 jours après la fécondation, la femme perde du sang au moment de la nidation (quand l’œuf s’implante dans l’utérus). Ce saignement peut même être parfois confondu avec les règles. D’autres fois un petit saignement provient de l’extérieur du col utérin et est sans gravité. Et donc sans aucun rapport avec une fausse couche. Mais comme nous l’indiquions, au moindre doute, l’avis d’un médecin est recommandé.

 

Dr Nicolas Evrard

 

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Sources :

  1. Huchon et al. Pertes de grossesses : recommandations pour la pratique clinique – Texte court. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2014;43(10):918-928.
  2. Pr Blandine Courbière, Pr Xavier Carcopino, Gynécologie-obstétrique, La référence iKB, VG éditions, édition 2019.
  3. Pertes de grossesse. Recommandations pour la pratique clinique. CNGOF 2014.

 

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  • Dr Nicolas Evrard
Commentaires 1
  • Emy
    Emy

    Un article vraiment super, j’ai eu une fausse couche il y a pas longtemps et quand j’ai cherché des réponses je n’ai jamais trouvé un article aussi complet et clair. Un moment délicat dans la vie d’une femme ..

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